Publié dans : commerce de détail
Jeudi 26 novembre 2009 4 26 /11 /Nov /2009 17:23

BERTRAND POULMAIRE, propriétaire d’un magasin Joué Club à Savigny-le-Temple, voisin d’un Toys’R’Us éphémère.

« C’est un véritable acte de piratage, une guerre éclair de deux mois où l’on se retire aussi vite qu’on est arrivé ! »
Bertrand Poulmaire, 33 ans, propriétaire du magasin JouéClub de Savigny-le-Temple, près de Melun (Seine-et-Marne), ne décolère pas.
La création d’un magasin éphémère de l’enseigne Toys’R’Us dans le centre commercial de Boissénart, à 1,5 km de distance, a plongé ses ventes dans le rouge.

« Ils ont ouvert début novembre, avec presque deux semaines de retard sur ce qu’ils annonçaient sur le catalogue car ils ont raté deux fois la commission de sécurité, fustige-t-il.
Et nos ventes ont déjà plongé de 30 %. »

Or dans ce secteur, plus de 50 % du chiffre d’affaires est réalisé pendant la période de Noël. Résultat : Bertrand Poulmaire mettra la clé sous la porte au mois de janvier : « Toys’R’Us m’a tué. »
Les neuf salariés, tous en CDI, ont déjà reçu leur lettre de licenciement économique.
« J’ai bien tenté de les reclasser chez des concurrents, notamment Picwic. Mais son propriétaire, David Balin, craint lui aussi des conséquences sur ses résultats. »

« Il faut voir leur magasin pour le croire »

Propriétaire de deux autres magasins de la coopérative JouéClub, l’un à Coulommiers, l’autre à Montereau, Bertrand Poulmaire cherche juste à sauver les meubles, aujourd’hui.

Il s’est donc fixé comme objectif d’écouler un maximum de jouets (sur les 55 000 que compte son magasin) avant la fin des fêtes.

Un bon de réduction de 20 % sur tous les articles a été envoyé aux 2 700 détenteurs d’une carte fidélité. Puis il pratiquera des prix cassés jusqu’à - 70 % pour une liquidation totale.

« Le paradoxe, c’est que Toys’R’Us nous a énormément influencés il y a trente ans quand ils sont arrivés sur le marché français.
Ce sont eux qui nous ont montré que l’on pouvait quitter les centres-villes et s’installer en périphérie pour gagner de la place, et donc du stock et du service.
Aujourd’hui, ils font machine arrière en allant à l’économie.
Il faut voir leur magasin pour le croire. »
Il est vrai qu’une fois rendu sur place, le contraste est frappant. Niché au coeur du centre commercial dans un local qui tient plus de l’entrepôt, Toys’R’Us Express ne brille pas par sa déco ou les services.
Les jouets sont posés à même des palettes en bois et le froid polaire qui règne dans les rayons témoigne de l’absence de chauffage.
« C’est une politique du court terme qui met en danger tout le secteur », conclut avec pessimisme le chef d’entreprise.


Erwan Benezet

Le Parisien

Commentaire CM.
Au risque de choquer...ces magasins ephèmère
toys’R’Us reviennent aux centres villes. de plus le caractère saisonnier dans le jouet invite à ouvrir des magasins sur une période de 2 mois / 50% du CA annuel.
L'idée me séduit, et nous l'avons fait avec nos produits discounts.

Ce monsieur peut nous expliquer comment un nouveau magasin lui tue son business en à peine 2 semaine d'exploitation de son concurrent ????
Bon coup de pub avant liquidation totale.

voili voilou!
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