On connaissait les restos chinois, pas chers et presque toujours ouverts.
Aujourd’hui, il faut compter aussi avec les boutiques de mode made in China.
Des produits en plastique, fabriqués dans les grandes usines de Chine. « Les Chinois ont pratiquement le monopole de la fabrication, mais aussi maintenant de la
distribution en France.
Le Sentier, à Paris, c’est eux. » assure le professionnel.
La région parisienne est aujourd’hui saturée et c’est en province que les commerçants cherchent à s’installer.
Une situation que déplorent nombre de commerçants indépendants , et en premier lieu Philippe Dépréaux, le président de la plus grande association des
commerçants de la ville. «
Ce type de commerce bas de gamme ne valorise pas l’offre commerciale à Rouen qui est pour l’instant diversifiée et de qualité » explique le commerçant, « Nous n’avons rien contre les commerçants chinois, mais c’est le genre de produits que l’on
devrait trouver sur les marchés. » Le représentant des commerçants s’étonne que la ville n’ait pas décidé de faire jouer son droit de préemption (lire ci-contre).
« C’est très compliqué à mettre en œuvre, » assure Jean Prouin, conseiller municipal délégué au commerce, « et la ville n’a pas les moyens de racheter tous les
fonds de commerce qui sont à vendre » poursuit l’élu. « A titre personnel, je suis pour que l’équilibre commercial soit respecté, le déséquilibre est toujours préjudiciable »
Paradoxalement, il est plus facile de s’opposer à l’installation d’une grande surface qu’à des commerces indépendants.
D’autant que les investisseurs chinois ont quelques atouts dans leurs manches.
« Ils s’autofinancent » assure l’agent immobilier.
« Ils ont un budget à ne pas dépasser, un cahier des charges assez précis mais en général, ils disposent de 90 % de la somme » poursuit-il.
Même pour des emplacements n° 1 comme rue du Gros-Horloge.
D’où vient l’argent, les agents immobiliers n’ont pas le devoir de se renseigner.
Du système des tontines peut-être, qui consiste à faire financer les achats de pas-de-porte par les plus anciens. « Ce sont des familles au sens large, des personnes qui viennent de la même
province chinoise ».
Autre atout et pas des moindres, les Asiatiques sont considérés comme de bons payeurs.
Ils paient les loyers rubis sur l’ongle aux propriétaires.
Mais la communauté chinoise reste discrète.
Très organisée, elle ne ressent que très peu le besoin de faire appel à l’extérieur.
« Une fois, j’ai vendu un magasin le vendredi. Il a ouvert le lundi.
Une fois les 150 m² de parquet posés » Si aujourd’hui, c’est dans le prêt à porter bas de gamme que les Chinois se sont engouffrés , l’observateur privilégié assure qu’ils ne
s’arrêteront pas là.
« Dans trois ou quatre ans, ils seront dans le moyen, voir le haut de gamme ».
Olivier cassiau