Partager l'article ! Comment la distribution réorganise ses rayons pour doper ses marges: Moins d’eau minérale et plus de jus de fruits, moins de farine et plus de suc ...
Moins d’eau minérale et plus de jus de fruits, moins de farine et plus de sucre : pour restaurer leurs profits, Auchan, Casino ou Système U revoient leur offre.
Mais où est donc passé le Ricard ?
Dans ce Géant Casino près de Lyon, le rayon des pastis reste impressionnant.
Pourtant, Michel, un habitué de cet hypermarché, ne s’y retrouve plus.
Par exemple, le format 0,7 litre de sa boisson anisée favorite a disparu.
Les bouteilles de 1 litre et de 0,5 litre sont toujours là, mais elles ont cédé du terrain face aux whiskys.
L’explication : l’enseigne se livre à un travail de fourmi dans chacun de ses magasins.
Rayon par rayon, produit par produit, les marges sont analysées afin d’optimiser l’espace, en privilégiant les références les plus rentables.
Les autres sont remplacées par la marque Casino partout où c’est possible.
Quand elles ne sont pas carrément supprimées.
Ce vaste toilettage touche toutes les enseignes alimentaires.
Car, en 2009, la grande distribution a enregistré un recul historique de ses ventes (– 1,5%), le premier en quarante ans.
Pire, l’application de la loi de modernisation de l’économie (LME) autorisant les commerçants à fixer librement leurs prix de vente a généré dans le même temps une spirale de promotions grevant
la rentabilité des enseignes.
Pour restaurer leurs marges, tout en proposant le meilleur choix aux consommateurs, les distributeurs sont donc contraints de passer leur offre au peigne fin.
Un nombre de références resserré au maximum
Toujours plus de volumes, donc toujours plus de produits.
Depuis sa création, la grande distribution s’était développée sur ce modèle.
Quitte à se contenter de résultats nets faibles –autour de 2 à 2,5% en moyenne – grâce à de subtils dosages entre les produits vendus
presque à prix coûtant (la farine, le papier-toilette, les eaux minérales…) et ceux qui dégagent des marges confortables (alcools, cafés, fruits et légumes…).
Avec une augmentation
moyenne de 10% chaque année, les grands hypermarchés en sont venus à référencer des dizaines de milliers de produits, le record absolu revenant au magasin Auchan du centre
commercial de Vélizy, près de Paris, qui franchit allègrement la barre des 200 000 !
En 2009, revirement général. Casino a frappé les esprits en annonçant la suppression de
1 000 produits dans ses hypermarchés Géant.
Tous ses concurrents, Auchan mis à part, sont sur la même ligne, avec une réduction moyenne de 5% des assortiments. «L’accumulation des références avait
fini par entraîner une complexité de gestion qui pesait sur les marges», explique Yves Marin, un ancien de Casino, fondateur du cabinet de conseil Dashkoma.
En manipulant moins de produits, les enseignes font des économies à tous les niveaux, et notamment sur la logistique.
Une journée de stock chez Carrefour coûte 200 millions d’euros.
Le directeur général a donc fixé à ses troupes l’objectif ambitieux de ramener de trente-sept à trente le nombre de jours moyen de stockage dans les
entrepôts.
A titre de comparaison, Tesco, le leader anglais de la grande distribution, dont les marges sont proches de 6%, tourne avec treize jours de stock, alors que les enseignes françaises sont à plus de
trente jours.
Des marques de distributeurs en constante progression
Des rayons entiers supprimés des magasins
Des assortiments réglés au millimètre
Des nouveautés adoptées en série
l'intégralité de l'article au demeurant très interressant.
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Francis Lecompte